Archive | août, 2012

La revue de la veille de l’été (Aout 2012)

30 août

Toute les infos social-média, sociétales, des tumblr, des videos et des infos insolites/WTF que vous avez ratés et qui ont circulé sur le web durant le mois de Aout 2012.

Tout en un 30 ans plus tard

Social Media

La mine d’or pour les #CM : une centaine de chartes d’utilisation des média sociaux ici : http://socialmediagovernance.com/policies.php

Le Community Management – Stratégies et bonnes pratiques par C Ertzscheid, B Faverial & S Guegen http://www.knowledgeconsult.com/1/analyse/2012/08/le-community-management-%e2%80%93-strategies-et-bonnes-pratiques/

Twitter coupe les ponts avec les autres réseaux sociaux http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/08/23/twitter-coupe-les-ponts-avec-les-autres-reseaux-sociaux_1749032_651865.html

Twitter refuse de transmettre à la justice les tweets d’un manifestant http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/08/28/twitter-refuse-de-transmettre-a-la-justice-les-tweets-d-un-manifestant_1752149_651865.html

« PowerPoint c’est nul et moche », bonne excuse! Et si c’était vous le problème? par @kxrz (Blog de Florent Bertiaux) http://bertiaux.fr/2012/07/powerpoint-cest-nul-et-moche-bonne-excuse-et-si-cetait-vous-le-probleme/

Sensibilisation des salariés à l’image de leur entreprise sur les réseaux sociaux : l’exemple de Narauto http://tendancecom.com/sensibilisation-des-salaries-a-limage-de-leur-entreprise-sur-les-reseaux-sociaux

Etes-vous un early adopter des réseaux sociaux ? http://www.blogdumoderateur.com/etes-vous-un-early-adopter/

Pas de compte Facebook ? Vous êtes suspect http://www.numerama.com/magazine/23363-pas-de-compte-facebook-vous-etes-suspect.html

Twitter: cinq choses que vous ignorez sur la vérification des comptes http://huff.to/PviOCf

Votre activité sur Facebook et Twitter en image http://tinyurl.com/cjeztlx

Toutes les publicités des Jeux Olympiques de Londres 2012 http://www.llllitl.fr/2012/08/toutes-les-publicites-des-jeux-olympiques-de-londres-2012-jo2012/

En Australie, le contenu des pages Facebook des marques désormais considéré comme de la pub: http://www.lesinrocks.com/2012/08/08/actualite/australie-pages-facebook-marques-pub-11283530/#.UD3SVfsJdSy.twitter

Nouveaux usages de la veille : 5 pratiques en émergence http://www.gfii.fr/fr/document/nouveaux-usages-de-la-veille-5-pratiques-en-emergence

Construction d’une stratégie digitale #newbe #rappel http://www.synaptic.be/blog/comment-construire-une-strategie-digitale/

Une vie numérique détruite en trois coups de téléphone http://www.lefigaro.fr/hightech/2012/08/08/01007-20120808ARTFIG00373-une-vie-numerique-detruite-en-trois-coups-de-telephone.php

Portrait : Anna Gueye, la femme aux 145.000 tweets http://senegalmedias.blogspot.nl/2012/08/portrait-anna-gueye-la-femme-aux-145000.html

Le tout à l’ego en ligne http://www.lemonde.fr/style/article/2012/08/10/le-tout-a-l-ego-en-ligne_1744395_1575563.html

Société

IMPORTANT
Signaler du contenu pédophile :
en France https://www.internet-signalement.gouv.fr/PortailWeb/planets/SignalerEtapeChoixTypeContenu!input.action
Interpol (international) http://www.interpol.int/Forms/Contact_INTERPOL
Twitter https://support.twitter.com/groups/33-report-abuse-or-policy-violations/topics/148-policy-information/articles/82771-pornographie-juvenile#

Et si on organisait une course avec les meilleurs coureurs sur 116 ans ? http://www.nytimes.com/interactive/2012/08/05/sports/olympics/the-100-meter-dash-one-race-every-medalist-ever.html?hp&hp En anglais

Plus créatifs que les publicitaires, les casseurs de pub http://blogs.rue89.com/vivelapub/2012/08/03/plus-creatifs-que-les-publicitaires-les-casseurs-de-pub-228055

Toutes les publicités des Jeux Olympiques de Londres 2012 http://www.llllitl.fr/2012/08/toutes-les-publicites-des-jeux-olympiques-de-londres-2012-jo2012/

Les 33 meilleurs GIF des JO http://www.buzzfeed.com/jpmoore/the-33-best-gifs-of-the-london-olympics

TV8 Mont-Blanc, ou comment une petite chaîne locale fait le pari des Jeux Paralympiques http://echo.st/356451

La SNCF et le cinéma américain ne font plus qu’un http://lareclame.fr/41974+sncf

Les photos gagnantes du National Geographic Traveler 2012 Photo Contest http://ow.ly/d72Eg

Le jeu Tetris aide à diminuer le stress post-traumatique http://www.psychomedia.qc.ca/post-traumatique/2010-11-13/le-jeu-tetris-aide-a-diminuer-le-stress-post-traumatique#.UD3YjB_YO_k.twitter

Vidéo

Quand un studio d’animation rend un hommage dingo aux JO http://bit.ly/OXCNL2

Quand les militaires néo-zélandais enterrent l’un des leurs, ils se lancent dans un haka géant. Impressionnant. Frissons garantis.
http://www.francetvinfo.fr/live/message/503/b5e/cca/399/163/8b9/004/af5.html

Insolite / WTF

Le tumblr d’un prêtre en formation http://ainsisoientils.tumblr.com/

EBay interdit la vente de… sortilèges http://www.telerama.fr/medias/ebay-interdit-la-vente-de-sortileges,85439.php

Tous les chiffres sur les Sex Toys en une Infographie http://www.ufunk.net/insolite/sex-toys-infography/

Un moment d’amour dans les internets http://www.thenicestplaceontheinter.net/

The Expendable 2 : les 7 Raisons pour y aller (sans spoil… ou alors vraiment peu).

27 août

The Expendables, c’est le film de mec avec des morts, des gros bras et des méchants mais surtout toutes les stars de film de mec que nous connaissons : Sylvester Stallone (Rocky, Rambo, Cliffhanger) Jason Statham (Snatch, Crimes et botanique, le Transporteur), Jet Li (Le temple de Shoalin, Il etait une fois en Chine), Dolph Lundgren (Musclor dans les Maitres de l’Univers, Rocky) Chuck Norris (pas mieux), Jean-Claude Van Damme (Full Contact, Unoversal Soldier), Bruce Willis (le seul vrai acteur du lot), Arnold Schwarzenegger (il avait promis qu’il reviendrait).

Raison n1 : ce film sérieux ne se prend pas au sérieux et c’est une réussite. On y croit. Il donne à voir exactement ce que l’on attend de lui : de la baston, des répliques culte et du sang partout.
Hormis la mise en avant des égos surdimensionnés, les valeurs de ce film restent très manichéennes : le bien et le mal. La résultante : le second degré et un peu de dérision.

Raison n2 : Merci à tous les figurants morts, re-morts et reremort. C’était top. Cherchez bien, on en retrouve certains.

Raison n3 : La duck face permanente de Stallone. Sachez d’ailleurs que c’est également une blogueuse mode, il se change plus souvent que les autres et sa tenue Lara Croft vaut vraiment le détour. Il a encore de beau reste en plus le bougre.

Raison n4 : Prendre 5 minutes et réfléchir à ceux qui manqueraient pour que cela soit le top du top : Steven Seagal et son look de cow boy, Mel Gipson qui se disloque l’épaule, Mickey Rourke pour l’ensemble de son oeuvre hors caméra.

Raison n5 : Les répliques .
"Sans le respect nous sommes juste des gens" Jean Claude Van Damme dit "Vilain" (si si) dans le film. Et je vous le donne en mille : c’est le méchant du film !
Un échange dans le combat final entre Schwarzy et Willis.
Et le "Rest in pieces" : best quote ever (en lien avec l’action).

Raison n6 : L’apogée de ce film ! Les scène de Chuck Norris. Pour tout dire, il y en a deux. Et sa première apparition m’a valu un fou-rire durant 3 bonnes minutes.

Raison n7 : Et peut être la meilleure de toute, tout le monde meurt mieux que Marion Cotillard.

Ah si j’oubliais, Raison n8 : si vous n’avez pas vu le 1, cela ne vous gênera en rien pour comprendre.

Allez bon film ! 1h40 pour vous détendre après une journée de merde. Testé et approuvé !

Alors ta trentaine ?

24 août

J’ai récemment lu dans un magazine (me demandez pas lequel j’en ai lu une bonne 20taine ces dernières semaines) que les femmes étaient vraiment matures affectivement à 30 ans de nos jours.
Force est de reconnaitre qu’étant trentenaire et demi, moi même, depuis quelques jours, il y a beaucoup de choses qui ont changé pour moi ces 8 derniers mois.
Disclamer : je vais aborder des trucs perso genre le pognon, le cul, tout ça quoi.

Professionnellement d’abord :
Je le dis et je le répète, je suis hyper heureuse de faire ce que j’ai toujours voulu faire, écrire sur le rugby. J’avoue, ce n’est pas toujours évident. Va trouver de quoi écrire pendant 8 semaines (2 fois par sem) durant la trêve estival quand les seules infos sont "Mourad Boudjellal s’est égratigné le nez en se le curant, il accuse Romain Poite d’avoir souri" ou encore "Les clermontois se surnomment biche entre eux". Hein ? Va trouver de quoi écrire 3000 caractères dessus.
Il n’empêche, les enfants (il parait que je suis apte à utiliser cette expression maintenant), quel pied ce blog. Réunir mes deux passions (l’écriture et le rugby, pas Boudjellal et Poite) et être rémunérée pour (faites pas vos haters, vous pensez que le contenu des sites apparaît tout seul comme par magie ? Oui je n’avais pas pensé au stagiaire bénévole, c’est vrai).

Financièrement :
Je travaille depuis mes 19 ans. J’ai fait mes études en tant qu’apprentie. J’ai buché comme une malade tout en assumant les responsabilités d’une professionnelle qualifiée, j’ai passé des concours très demandés (genre 1500 personnes pour 50 places) que j’ai eu à chaque fois haut la main, j’ai effectué deux formations dans le social, réputées comme dures, j’ai obtenu mes deux diplômes avec des notes tout à fait honorables (dont la note suprême pour mon mémoire de DEES. OUAIS JE ME LA PETE mais c’était un putain de miracle). Tout cela, rémunérée moins de 1000€ à l’époque. Ce qui était déjà beaucoup ceci étant dit.
J’ai commencé à travailler pour de vrai (c’est à dire sans alternance) en 2006. Un vrai boulot d’éduc spé payé 1380€. YOUHOU.
J’ai été endetté, pris des crédits (à ma gentille banque) : et oui, il a fallu que je déménage. 3 fois.
Mon compte ne devait être dans le positif qu’entre le 29 et le 9 du mois suivant. Tout ça en bossant. Il faut dire que les loyers parisiens plombent bien un budget.
Depuis que je travaillais en somme, j’avais des dettes. J’ai même changé de boulot pour ça : je gagnais (avec donc 4+2 années d’expérience tout de même). 1480 euros. Je n’ai jamais réussi à ne pas être un mois complet non-à-découvert.
Puis il y a eu la coupe du monde de rugby. Puis il y a eu l’opportunité de créer ma boite et de me lancer dans ce que finalement je connais aussi bien que mon travail puisque je pratique les réseaux sociaux, les gens et la communication depuis 10 ans.
Depuis ? J’ai remboursé toutes mes dettes. Je ne suis plus jamais à découvert et j’ai des économies (genre comme mes parents, genre je suis enfin grande, c’est mon père qui n’en revient toujours pas). Tout ça en 8 mois.
Croyez moi, ça change une vie. Après ne vous méprenez pas, je bosse comme une dingue. De 9h à 2/3h du matin au moins plusieurs fois par semaine, les weekends, les jours fériés, tout ça. Mais c’est pas grave, ça me plait. Drôlement même.
Une vraie libération. Et bien n’empêche, ça vous aide à murir d’avoir un peu de pognon quand on en a jamais eu. Prendre des décisions, les assumer, prendre des risques, calculer. Faire des projets…

Conjugalement :
Faire des projets tiens. Ca faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé. Avoir un mec dans ma vie. Un mec qui tient malgré le fait que je sois insupportable au quotidien. Un mec qui a plein de défaut aussi et que j’arrive à supporter suffisamment pour vivre avec lui depuis un an.
Je ne vous raconterai pas d’histoires dignes des meilleurs blogs roses et froufrou, clairement c’est loin d’être parfait. Mais on travaille à ce que cela le devienne, c’est déjà pas mal. J’ai pas mal de boulot de mon coté. Mais j’avance sereinement. Si ça merde ? J’aurais essayé, j’aurais appris et je poursuivrais sur cette voie.
Et pourtant je pars de super loin. Une histoire familiale digne de Dallas, des relations compliquées dans mes premiers amours, blessée comme jamais par le seul homme que j’ai vraiment aimé, des problèmes hormonaux, des expériences étranges.
J’ai un doctorat en cynisme et cela ne m’empêche pas de me réveiller avec joie auprès de mon mec tous les matins. (Bon j’avoue parfois, je kiffe bien avoir tout le lit pour moi mais chut).

Du coup, une prise de conscience : je ne sais pas si je veux des enfants ou si je veux me marier mais une chose est sure, j’ai compris que je ne voulais surtout rien faire sur Paris. Étrange hein.
Et pourquoi pas la banlieue ? Parce que j’ai pas débarqué de mon Périgord natal pour aller me coller dans la banlieue parisienne où il fait aussi moche qu’à Paris, les activités en moins. Non non et non. Quitte à me taper 3h en transport en commun, je préfère retourner dans le Sud Ouest et prendre le train pour venir.
Ma décision est prise : je rentre chez moi pour m’installer. Pour de vrai. Finis les départs bousculés, les changements de villes brusques pour du boulot ou une nécessité de fuir.
Enfin chez Moi.
Quand ? Quand j’aurai mis suffisamment d’argent de coté pour me payer une bagnole, de quoi meubler un appart avec des portes (au moins 6 – 1 entrée, 2 chambres, 1 salon/cuisine, 1 salle de bain, 1 WC. Le grand luxe quoi), et avoir de quoi vivre plusieurs mois, le temps de trouver du boulot si besoin. Un vrai projet, réfléchi, calculé et donc confortable.
Il y a une chose dont je n’ai parlé et qui pourtant m’a pété à la tête il y a quelques mois : c’est l’Océan. Je ne suis jamais aussi heureuse que quand je suis auprès. Et si tout simplement la trentaine c’est juste se donner les moyens de faire ce que l’on a toujours voulu ? Parce qu’on se rend compte que finalement on est les seuls maitres à bord, que si on ne le fait jamais, on vivra avec des regrets. Hors de question.
Alors c’est décidé, je mets l’argent qu’il faut de coté et je m’installe dans le Pays Basque. Résultat parfait de l’équation : Sud Ouest, Océan et Rugby.
Écrire je peux faire cela partout, le TGV est direct pour Paris si besoin et quand bien même, educ, je peux l’être partout. Ca prendra le temps que cela prendra mais c’est là que je vais.

A 30 ans on se rend aussi bien compte que la vie est bien courte, on perd un proche, puis deux, puis 3 parfois. On a des potes qui avancent dans leur projet, on les voit heureux.
Et si finalement la trentaine c’est se connaitre suffisamment pour savoir ce qui nous rend heureux ou ce qui nous rendrait heureux et donc de mettre ce qu’il faut là ou il faut pour y parvenir ?
Ma réponse à cette question ? Oui.

Alors ta trentaine ? Elle me va parfaitement bien, merci.

Son(s) 7 : Sigur Rós

23 août

A tous les romantiques…

Peu de chanson me parle comme celle-la. Les Sigur Rós ont ce petit quelque chose de magique, d’inexplicable, de résolument positif.

 

Dans le fond, la traduction même de cette chanson islandaise ne veut rien dire (elle est même d’ailleurs cocasse). Mais dés le premier mouvement, des images naissent dans mon esprit.

Il est midi, un vendredi. Il fait beau sur Paris. Il attend, je suis en retard. Abbesses. Quartier symboliquement romantique de Paris, prés de cet endroit atypique qu’est le Sacré Cœur. Je l’attends depuis un moment, ce rendez vous.

Stressée comme rarement, c’est la première fois que l’on se rencontre. Nos regard se croisent… et les heures vont se succéder. Un déjeuner en terrasse avec vue sur Paris, ponctué d’éclats de rire, de regards qui en disent long, des mots susurrés, d’écoute attentive, comme si chaque phrase se devait d’être goûtée à même les lèvres de celui qui parle. Une sensation d’évidence. Nous montons dans une voiture, direction le musée Rodin. Ni lui ni moi n’y avons jamais mis les pieds, alors le spontané nous guide. Dans le taxi, il m’observe lovée dans le confortable siège, de son sac il sort un paquet qu’il me tend. Des macarons Pierre Hermé. Il me sourit, visiblement ravi de sa surprise et de la mienne, il attrape doucement ma main. Le sucre et les parfums se mélangent, fondent. Je passe lentement ma langue sur ma lèvre inférieure pour ne rien en perdre…

Le parc du musée est un havre de paix en cette belle journée de mai. J’aime l’air intéressé qu’il prend quand il se penche sur une œuvre. Echanges complices, nos mains se frôlent. D’un geste tendre, il repousse une de mes mèches de cheveux qui l’empêche de voir mes yeux.

Une longue balade, digne d’un film de Woody Allen rempli de clichés. Ils sont souvent grossiers mais les vivre, au final, amène un simple constat : Paris est vraiment une ville pour tomber amoureux. Nous passons du champs de Mars, à la Tour Eiffel, puis nous traversons la Seine, pour atterrir dans le village de Passy. Un énième verre en terrasse. Tant de naturel, tant d’attraction… La vie semble bien plus douce à ses cotés. La nuit tombe sur cette journée peu ordinaire. Se quitter ? Nous n’y pensons même pas. Il veut me présenter à des amis, il a un dîner ce soir et il refuse d’y aller sans moi. Je refuse poliment, c’est un peu trop pour moi. Ma pudeur me perdra. Qu’importe, il annule et décide de m’amener dans un de ses restaurants favoris. Petit restaurant cosy du quartier, lumière tamisée, et des odeurs qui mettent l’eau à la bouche. A peine arrivés, le patron le salue aussi bruyamment comme seuls les vrais italiens savent faire. Visiblement c’est plus qu’un restaurant, c’est sa cantine. Apres m’avoir bien regardé de la tête aux pieds, son sourire s’illumine, « Ma qué bella » me dit il en m’empoignant pour me claquer deux bises bien vigoureuses. Un peu sonnée, l’homme qui partage ma journée, pose délicatement sa main sur ma hanche. Comme un danseur de tango dirigerait sa partenaire, il m’accompagne jusqu’à mon siège, épousant ainsi les mouvements de mon corps.

Des rires. Voilà ce que je retiens. Voilà ce qui me vient en tête quand je pense à lui, quand je repense à cette soirée, quand j’entends cette chanson. Inutile de préciser que j’ai mangé les meilleurs linguini aux écrevisses de ma vie.

Il se fait très tard, nous devons nous séparer. Sans regret car nous devons nous retrouver le lendemain. Marcher dans la rue à ses cotés, même si le quanti devait aider, me donne une sensation de légèreté, vraiment agréable. Devant l’entrée de métro, nos derniers mots. Sa main caresse ma joue, ses yeux d’un brun chaud sont plongés dans les miens. Le silence a la plus belle des saveurs, celle de son baiser. Renversant.

Littéralement. J’en ai raté la marche et j’ai failli dégringoler les escaliers. Heureusement qu’il me tenait fermement à la taille… Il rit et m’embrasse une dernière fois. Et dans un souffle plus que sensuel, il me dit : « Il me tarde demain. Rentre bien, dors bien et demain tu seras dans mes bras.»

Il n’y eut que cette journée. Nous ne nous sommes jamais revu. Les circonstances de la vie ne nous l’ont pas permis. Une douzaine d’heure dans une bulle. Une douzaine d’heure magique, quasi surréaliste. J’ai vécu, à l’image de cette chanson, à l’image de ces heures écoulées auprès de lui, à l’image de ce baiser, quelque chose d’unique, d’envoûtant, un chamboulement qui amène à prendre conscience que parfois certaines choses ne se vivent qu’une fois et qu’il faut le vivre comme si c’était sûrement la première et dernière fois. Jusqu’à récemment, personne ne m’avait autant perturbée que lui, son sourire, son regard, l’entente parfaite, la journée parfaite.

Un jour, je raconterai cette histoire à mes enfants pour leur rappeler que la magie existe, même si elle est éphémère. Il faut donc continuer à y croire.

Son(s) 6 : Mademoiselle K

21 août


La sens-tu ? Elle te ronge déjà. Elle te tourne autour. Elle t’envahit. Cette colère qui te grignote par petits bouts. Elle et son odeur nauséabonde qui te prend aux tripes, au nez. Elle te file la nausée. Tu luttes… Mais, ta conscience ne te joue pas de tour. Elle est plus forte que toi. Elle est redoutable. Une fois qu’elle t’a pris dans son giron, que tu la ressens, qu’elle te grimpe dans l’estomac puis la gorge, jusqu’à t’envahir les pensées, il est trop tard.
Un moment de faiblesse, quand tu es perdu. Un peu confus de ce qui se passe pour toi. Tu n’as rien demandé. Tout allait bien. Et la vie se charge de te montrer, de te faire voir, de te faire entendre… ces choses. Des mots. Une phrase. En une phrase, elle s’immisce dans ta tête et te pourrit.
La jalousie.

Peut-elle s’empêcher de te tourner autour ? Et toi, tu ne vois rien.
Tu t’énerves. Elle t’énerve. Ca t’énerve.
Tu voudrais ne rien ressentir, tu voudrais t’en foutre. Faire comme si de rien n’était. Mais tu sens le feu, dans tes joues, dans tes entrailles, dansant, brûlant, te consumant tel le diable rieur. C’est à peine supportable. Sentiment de mauvaise augure qui te vole, te survole. Elle s’immisce dans tes pensées les plus profondes, quand tu dors, quand tu bosses, même quand tu regardes ton écran, abruti devant la télé. Elle te parasite. Une onde sensuelle, électrique, te passe dans le sang. Tu vois rouge. Tu bouillonnes, prêt à exploser. Tu voudrais ne pas y penser… mais elle te ronge bout de chair par bout de chair, sans répit.

Si tu t’écoutais, tu la giflerais, la violenterais. Tu te libérerais, déverserais ta colère sur lui, sur elle. D’un sentiment de fierté, de narcissisme, tu t’imposerais sur ton territoire, sur ce qui, même irrationnellement t’appartient. Qu’elle aille se trémousser ailleurs. Elle et ses cuisses ouvertes… à te minauder, à te plaire, à te susurrer des mots doux…

La raison voudrait qu’elle ne le fasse peut être pas. Surement pas. Que cela ne soit que ton imagination. Débordante. Débordée. Mais les signes, tu les as bien vu. Tu n’as pas rêvé. Et, plus tu es envahi, plus tu la vois partout. Dans les clins d’œil, dans les mots, sur le col de ta chemise, dans la perle de sueur sur ta tempe. Elle est partout. Dégoulinante, colériquement glaçante. Elle te tue à petit feu. Et elle tue ce que tu as de plus précieux.
La jalousie.

Et même si cela ne se fait pas… Même si j’ai raison. Même si j’ai tort.
Va t’en ! Crève !
Crève toi et tes sourires. Que cette désagréable sensation finisse par périr avec elle, avec toi. Qu’elle s’efface aussi vite que je t’efface de ma vie.

Son(s) 5 : Shortbus

17 août

Cela fait des heures que nous parlons. De tout, de rien. De tes gouts, des miens. D’une blague en réponse à une autre. Je te fais rire.
Ce genre de connexions qui n’existe que rarement finalement. Celle où tu te sens à l’aise dès la première seconde de la rencontre. Celle où rien ne compte autour. Quelque soit l’heure, le temps dehors, les gens autour.
On nous regarde surement. Rire. Parler fort.
Ils doivent t’observer… ils ont raison. Tu es… tu es juste ce qu’il me faut.
Tout simplement.

Ta main effleure la mienne. Nos yeux se croisent. Tu rougis, tu n’es clairement pas indiffèrent.
La soirée se poursuit. Tu me raccompagnes. Marcher à tes côtés a quelque chose d’unique. C’est bête. C’est naturel.
La discussion se poursuit. Ni toi ni moi n’avons envie que cela s’arrête. La nuit nous enveloppe, les mots nous bercent. Tu me séduis, tu essayes maladroitement de me complimenter. Je réponds à coté, la gêne surement.
Et arrive ce moment où je n’ai plus envie de parler, j’ai envie de me lover contre toi, sentir la chaleur de ta peau. Me laisser bercer par ce son. Respirer ton parfum.
Ce film. The Shortbus.
L’amour au delà des âges, du sexe, des conventions.
L’amour que tu sois un homme, une femme. Que nous soyons trois, quatre ou juste nous deux.
L’amour. Ce sentiment indescriptible que l’on ressent sans pouvoir l’expliquer. Ce besoin de toi, de tes mots, de ta peau, de corps contre le mien. Dans le silence.
Juste être là contre toi. Sentir ta main dans mes cheveux, me caresser lentement, être apaisée, rythmée par ta respiration puis sombrer…

Avoir le bonheur de se réveiller auprès de toi.
Te regarder dormir tel un ange.
Avant de me rendre compte dans ton sourire naissant que tu faisais semblant…

NdA : courrez-y, achetez-le, ce film est une merveille pour les sens. Jamais porno, humain, parfois grave mais tellement vrai. Tellement beau. De l’amour universel et unisexuel en 1h30.

The ShortBus de John Cameron Mitchell sorti en 2006
Prenez également le temps de découvrir le genderqueer génialissime et charismatique Justin Bond.

Son(s) 4 : Volo

14 août

Les 4 prochains articles reprendront des textes que j’ai écrt pour le fabuleux site d’Anotherwhisky 

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T’es belle.
Voilà les mots que j’aimerais t’entendre me dire.
T’es belle.

Délicatement tu te glisseras derrière moi. Tu me prendras dans tes bras, tu me le diras.
Tu le susurras du bout des lèvres : « T’es belle » dans un souffle chaud pour me rappeler que malgré tout… tu m’aimes.
Et je céderai. Je ne pourrai pas te résister.
Quand tu me rencontreras pour la première fois. Ébloui par ce que tu ne soupçonnais pas chez moi.
Quand je serai prête à sortir, habillée intentionnellement dans une tenue dont tu raffoles, jusqu’à l’ultime tentation.
Quand, dans un sourire, tu sauras… que je suis celle que tu attendais sans le savoir, que je suis enfin là.
« T’es belle » comme une révélation.
Quand je serai à peine réveillée, à moitié ensevelie sous la lourde couette, décoiffée, froissée.
Quand je serai dans la salle de bain, à me regarder sous toutes les coutures, à scruter la moindre nouvelle ride apparue.
Quand je serai, auprès de toi, nue, transpirante, allongée en travers du lit, repue d’amour et de sexe, sans mot, perdue dans mes douces pensées.
« T’es belle » comme dans ces moments où avec tes mots, tu figes le temps perçu.
Quand je serai affairée en cuisine à préparer à dîner à tes parents, rouspétant entre deux casseroles et deux plats.
Quand je serai enfoncée dans le canapé, le dernier King à la main, incapable de t’écouter. Déconcertante.
Quand je serai en voiture, hurlant comme une déchaînée, après le moindre péquenaud qui conduira aussi mal que moi.
« T’es belle » comme pour te rappeler que je peux l’être même en étant exaspérante.
Quand elle te fera du charme, elle et son parfum envoûtant, et que je ne serai pas auprès de toi.
Quand il me sourira en m’offrant ce cocktail que j’aime tant et que tu ne seras pas là.
Quand nous nous engueulerons pour savoir lequel de nous deux a tort.
« T’es belle » pour nous souvenir que nous sommes toujours là dénué de tout remord.
Quand nous sortirons de ce restaurant dont je raffole, et que tu t’agenouilleras pour me proposer de passer le reste de ma vie auprès de toi.
Quand ce coup de pied dans mon ventre te rappellera que nous allons être trois.
Quand tu seras sur ton lit de mort et que tu partiras sans moi.
« T’es belle » comme pour ne jamais oublier nous ne sommes régis par aucune loi.
Et puis, il y a cette phrase que je n’aimerai jamais entendre.

« Quand est ce qu’on baise ? »
Tu sentirais alors la douceur brûlante de ma main sur ta joue mal rasé.
Tu auras encore une fois tout gâché.
Mais qu’importe, je t’aimerai peut être suffisamment pour te le pardonner.
Enfin, espère-le…

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