Son(s) 3 : Pink

Le jour où j’ai pleuré en écoutant Pink

Malgré les airs amusants du titre de cet article (c’est un peu la honte d’avouer un truc pareil), comme tout un chacun, j’ai mes emmerdes : des cons à mon travail, une famille que je n’ai pas choisie, un homme et ses difficultés de communication (ne faites pas genre ça ne vous arrive jamais, on sait tous bien que c’est faux), un loyer qui me coûte un bras, des bouches à nourrir (ma chatte et la mienne notamment), des factures à payer, et que sais je encore… ah oui… il me manque des mètres carrés !

Il y a de ces jours où tout vous submerge.

Aujourd’hui nous sommes mardi.
Depuis déjà quinze jours, c’est un peu le bordel dans ma vie. D’ailleurs il faut que je songe à aller chez Ikea, un de ses quatre. Je suis sûre qu’ils ont bien des solutions modulables pour cela (avec un nom étrange genre Förvaring ou Snygg röran). Le bordel dans ma vie c’est toi. Toi qui m’as donné la vie. Pas si évident de le reconnaître, de l’avouer et surtout de l’arrêter. Je vis chaque jour comme si jamais rien ne m’avait été enlevé, je profite de tout et quand la jouissance doit être trop haut, tu trouves toujours un moyen efficace de tout détruire, de m’écraser. Je ne sais pas si tu as un radar mais il fonctionne relativement bien. Je sais bien que ces propos sont dramatiques et peut être qu’un jour, j’écrirai. Je raconterai. Rien n’est plus sûr que depuis quelques jours, tu me pèses. Tu me pèses tant que tout me remonte à la gueule. Mon histoire, mes histoires.

Aujourd’hui, j’ai 29 ans.
Enfin depuis déjà plusieurs semaines. C’est pas jeune, 29 ans. « Mais c’est jeune quand même », me disent les plus âgés (ceux de 30 ans). Normalement on songe aux enfants, on songe à faire chier les gens dans le bus avec notre tank… Pardon, poussette modulable (vendue chez Ikea car ils doivent bien en faire). On songe à s’installer avec son amoureux, si cela n’est pas déjà fait. On songe à une nouvelle bibliothèque… Oui, j’arrête de faire la pub des suédois, la bibli, on va aller l’acheter à Habitat, ils en ont des blanches très design là bas. On songe… à 29 ans. A enfin vivre sa vie comme on en a envie. Car les études sont finies, les expériences nous ont fait grandir, on gagne notre vie et on la mène comme on le souhaite, comme on l’a toujours rêvé. Enfin… Pas vraiment au final. On ne gagne jamais suffisamment, on ne vit pas dans un appartement assez grand, long, avec belles hauteurs sous plafonds, avec un chauffage central… Bref on vit comme on l’entend mais avec quelques insatisfactions et embûches.

Aujourd’hui je suis dans le canapé de mon amie.
En son absence, je viens parfois me poser et regarder la télé. Ils n’en vendent qu’à Darty et je ne vais pas dans ces endroits là (vous noterez, je change de marque, de toute façon, ils n’en vendent pas à Ikea). Ma seule télé c’est celle-ci, c’est celle de mon amie. Devant ces images qui défilent, je rêvasse. J’ai toujours eu des rêves. Certains ont été accessibles, d’autres le sont encore avec quelques stratégies et efforts, d’autres moins. Et ce sont ces autres qui paraissent loin… Trop loin. Non pas que mes rêves se sont évanouis, ils sont juste silencieux ces derniers temps.

Aujourd’hui je suis là dans ce canapé, à 29 ans sans bibli sans poussette et avec des rêves silencieux.
L’hypersensibilité qui est mienne, bat des records depuis quelques jours. Ce triste constat de ma vie d' »Aujourd’hui », tout aussi effrayant qu’il soit, est mon réel. Il n’est pas idéal bien sûr, il a ses douceurs, ses caresses et ses claques alors je compose avec. Avec moi-même, avec les autres.
Mais parfois il suffit du petit bonus, de la petite déprime hormonale pour que tout bascule…

Pink passe sur la chaîne de télé musicale.

« Pretty, pretty please
Don’t you ever, ever feel
Like your less than
Fuckin’ perfect »

A cet instant, cela prend sens. Toi. Lui. L’autre gros con du boulot. La poussette. L’hypersensibilité.
Et les larmes coulent. Le ras le bol, le raz de marée.
Cette chanson dont le clip est d’une nazitude extrême (l’actrice est également particulièrement moche) me fait fondre en pleurs.
Le réel. Son autre face.
A vouloir être parfaite. A vouloir satisfaire tout le monde. A vouloir être celle que je veux, celle que je dois être, celle que l’on attend… J’en oublie que je suis juste parfaite d’être imparfaite, que je ne suis juste que moi.
Cette réalité devient terrible quand on se rend compte que l’on attend ces mots de quelqu’un, d’un autre que soi, ces paroles si bêtes mais si vraies. « Stop. C’est bon. Arrête. Tu es parfaite à mes yeux. »
Peut être que je me trompe… peut être suffit-il juste d’être parfait à ses propres yeux afin de lâcher prise.

Au final ce moment de faiblesse, on en a tous besoin. Alors j’ai évacué ce qui me pesait et qu’en y réfléchissant bien, je ne porte pas pour moi.
Le poids de ce que l’on porte est lourd, notre histoire, notre statut (de femme me concernant), nos rôles de mère (de père), de conjoint(e), de collègue, d’objet féminin/masculin.

Alors finalement pleurer libère.

En revanche c’est quand même super chiant d’avouer que les hormones liées à ces putains de trucs de fille nous facilitent pas la tâche (nous empoisonnent la vie) quand il s’agit de garder la face devant un putain de Clip/chanson/série/film niais.
Heureusement j’étais seule. Un fail se suffit à lui même.
Et la vie continue.

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