Alors ta trentaine ?

J’ai récemment lu dans un magazine (me demandez pas lequel j’en ai lu une bonne 20taine ces dernières semaines) que les femmes étaient vraiment matures affectivement à 30 ans de nos jours.
Force est de reconnaitre qu’étant trentenaire et demi, moi même, depuis quelques jours, il y a beaucoup de choses qui ont changé pour moi ces 8 derniers mois.
Disclamer : je vais aborder des trucs perso genre le pognon, le cul, tout ça quoi.

Professionnellement d’abord :
Je le dis et je le répète, je suis hyper heureuse de faire ce que j’ai toujours voulu faire, écrire sur le rugby. J’avoue, ce n’est pas toujours évident. Va trouver de quoi écrire pendant 8 semaines (2 fois par sem) durant la trêve estival quand les seules infos sont « Mourad Boudjellal s’est égratigné le nez en se le curant, il accuse Romain Poite d’avoir souri » ou encore « Les clermontois se surnomment biche entre eux« . Hein ? Va trouver de quoi écrire 3000 caractères dessus.
Il n’empêche, les enfants (il parait que je suis apte à utiliser cette expression maintenant), quel pied ce blog. Réunir mes deux passions (l’écriture et le rugby, pas Boudjellal et Poite) et être rémunérée pour (faites pas vos haters, vous pensez que le contenu des sites apparaît tout seul comme par magie ? Oui je n’avais pas pensé au stagiaire bénévole, c’est vrai).

Financièrement :
Je travaille depuis mes 19 ans. J’ai fait mes études en tant qu’apprentie. J’ai buché comme une malade tout en assumant les responsabilités d’une professionnelle qualifiée, j’ai passé des concours très demandés (genre 1500 personnes pour 50 places) que j’ai eu à chaque fois haut la main, j’ai effectué deux formations dans le social, réputées comme dures, j’ai obtenu mes deux diplômes avec des notes tout à fait honorables (dont la note suprême pour mon mémoire de DEES. OUAIS JE ME LA PETE mais c’était un putain de miracle). Tout cela, rémunérée moins de 1000€ à l’époque. Ce qui était déjà beaucoup ceci étant dit.
J’ai commencé à travailler pour de vrai (c’est à dire sans alternance) en 2006. Un vrai boulot d’éduc spé payé 1380€. YOUHOU.
J’ai été endetté, pris des crédits (à ma gentille banque) : et oui, il a fallu que je déménage. 3 fois.
Mon compte ne devait être dans le positif qu’entre le 29 et le 9 du mois suivant. Tout ça en bossant. Il faut dire que les loyers parisiens plombent bien un budget.
Depuis que je travaillais en somme, j’avais des dettes. J’ai même changé de boulot pour ça : je gagnais (avec donc 4+2 années d’expérience tout de même). 1480 euros. Je n’ai jamais réussi à ne pas être un mois complet non-à-découvert.
Puis il y a eu la coupe du monde de rugby. Puis il y a eu l’opportunité de créer ma boite et de me lancer dans ce que finalement je connais aussi bien que mon travail puisque je pratique les réseaux sociaux, les gens et la communication depuis 10 ans.
Depuis ? J’ai remboursé toutes mes dettes. Je ne suis plus jamais à découvert et j’ai des économies (genre comme mes parents, genre je suis enfin grande, c’est mon père qui n’en revient toujours pas). Tout ça en 8 mois.
Croyez moi, ça change une vie. Après ne vous méprenez pas, je bosse comme une dingue. De 9h à 2/3h du matin au moins plusieurs fois par semaine, les weekends, les jours fériés, tout ça. Mais c’est pas grave, ça me plait. Drôlement même.
Une vraie libération. Et bien n’empêche, ça vous aide à murir d’avoir un peu de pognon quand on en a jamais eu. Prendre des décisions, les assumer, prendre des risques, calculer. Faire des projets…

Conjugalement :
Faire des projets tiens. Ca faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé. Avoir un mec dans ma vie. Un mec qui tient malgré le fait que je sois insupportable au quotidien. Un mec qui a plein de défaut aussi et que j’arrive à supporter suffisamment pour vivre avec lui depuis un an.
Je ne vous raconterai pas d’histoires dignes des meilleurs blogs roses et froufrou, clairement c’est loin d’être parfait. Mais on travaille à ce que cela le devienne, c’est déjà pas mal. J’ai pas mal de boulot de mon coté. Mais j’avance sereinement. Si ça merde ? J’aurais essayé, j’aurais appris et je poursuivrais sur cette voie.
Et pourtant je pars de super loin. Une histoire familiale digne de Dallas, des relations compliquées dans mes premiers amours, blessée comme jamais par le seul homme que j’ai vraiment aimé, des problèmes hormonaux, des expériences étranges.
J’ai un doctorat en cynisme et cela ne m’empêche pas de me réveiller avec joie auprès de mon mec tous les matins. (Bon j’avoue parfois, je kiffe bien avoir tout le lit pour moi mais chut).

Du coup, une prise de conscience : je ne sais pas si je veux des enfants ou si je veux me marier mais une chose est sure, j’ai compris que je ne voulais surtout rien faire sur Paris. Étrange hein.
Et pourquoi pas la banlieue ? Parce que j’ai pas débarqué de mon Périgord natal pour aller me coller dans la banlieue parisienne où il fait aussi moche qu’à Paris, les activités en moins. Non non et non. Quitte à me taper 3h en transport en commun, je préfère retourner dans le Sud Ouest et prendre le train pour venir.
Ma décision est prise : je rentre chez moi pour m’installer. Pour de vrai. Finis les départs bousculés, les changements de villes brusques pour du boulot ou une nécessité de fuir.
Enfin chez Moi.
Quand ? Quand j’aurai mis suffisamment d’argent de coté pour me payer une bagnole, de quoi meubler un appart avec des portes (au moins 6 – 1 entrée, 2 chambres, 1 salon/cuisine, 1 salle de bain, 1 WC. Le grand luxe quoi), et avoir de quoi vivre plusieurs mois, le temps de trouver du boulot si besoin. Un vrai projet, réfléchi, calculé et donc confortable.
Il y a une chose dont je n’ai parlé et qui pourtant m’a pété à la tête il y a quelques mois : c’est l’Océan. Je ne suis jamais aussi heureuse que quand je suis auprès. Et si tout simplement la trentaine c’est juste se donner les moyens de faire ce que l’on a toujours voulu ? Parce qu’on se rend compte que finalement on est les seuls maitres à bord, que si on ne le fait jamais, on vivra avec des regrets. Hors de question.
Alors c’est décidé, je mets l’argent qu’il faut de coté et je m’installe dans le Pays Basque. Résultat parfait de l’équation : Sud Ouest, Océan et Rugby.
Écrire je peux faire cela partout, le TGV est direct pour Paris si besoin et quand bien même, educ, je peux l’être partout. Ca prendra le temps que cela prendra mais c’est là que je vais.

A 30 ans on se rend aussi bien compte que la vie est bien courte, on perd un proche, puis deux, puis 3 parfois. On a des potes qui avancent dans leur projet, on les voit heureux.
Et si finalement la trentaine c’est se connaitre suffisamment pour savoir ce qui nous rend heureux ou ce qui nous rendrait heureux et donc de mettre ce qu’il faut là ou il faut pour y parvenir ?
Ma réponse à cette question ? Oui.

Alors ta trentaine ? Elle me va parfaitement bien, merci.

6 réflexions sur “Alors ta trentaine ?

  1. Même si je ne suis pas aussi attaché à un terre que toi (même si j’aime ma Lorraine…), je partage parfaitement ton désir de quitter Paris.
    Et j’espère que tu pourrais l’assouvir très vite !

    J'aime

  2. dagonet

    La trentaine: avoir les moyens (financiers, santé…) de profiter de la vie….
    Mais quand la vingtaine a laissé des cicatrices, la trentaine peu flirter avec l’égoïsme épicurien. « J’ai fait des concessions, pour en arriver là ? Plus jamais: je pense à ma gueule et on verra s’il en reste pour les autres… »
    Il y aura alors toujours un coin de vide très difficile à remplir: la place pour l’autre.
    Et personne n’a encore trouvé la recette miracle pour combler ce manque.

    Signé: un trentenaire qui est à mi-chemin de la quarantaine

    J'aime

  3. Korz

    Roooh, c’est pas si mal que ça Paris !
    Bon OK j’avoue, je suppose qu’il faut y être né pour vraiment l’apprécier au quotidien.
    Mais j’ai un petit secret pour la supporter depuis si longtemps (oui, Paris est une fille, jolie en plus), mes racines sont dans le sud-ouest aussi !

    Et après tout, tant que tu continueras de bien remplir ce blog, quelle importance d’où tu l’écris hein ?

    Ps : ah et sinon oui, la trentaine et surtout l’indépendance financière pour faire un peu koikonveut, c’est bon, mangez-en !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s