Chez Disneyland Paris, la méconnaissance du handicap mental entraîne la discrimination au faciès.

Il ne fait pas bon être handicapé mental et aller à Disneyland Paris.

C’est la leçon que l’on peut retenir de cet article édifiant : http://www.liberation.fr/societe/2014/07/03/handicap-a-disneyland-de-la-discrimination-au-facies-pure-et-simple_1056508 de Libération.
Egalement dispo sur France info avec une vidéo.

L’article est choquant et la vidéo encore plus.
Je n’ai pas de mot. Je suis outrée, choquée…
Je n’ai heureusement été confrontée à ce genre de discours rabaissant quand j’étais encore educ et que je organisais des sorties. Mais je peux vous promettre qu’il n’aurait pas fallu essayer. Sous peine de se faire souffler dans les bronches.

Les personnes ayant des troubles psychiques ou mentaux ont le droit au respect, au vouvoiement. Leur différence ne justifie en aucun cas la familiarité et encore moins la discrimination dont elles sont victimes en allant s’amuser chez Disney.
Elles ont aussi besoin d’être diverties. Et vu le prix de la journée… Aucune excuse.
Ah si : le directeur adjoint de Disneyland Paris, rencontré par France 2, nie toute « discrimination ». « Nous mettons tout en œuvre pour que nos visiteurs handicapés ou autre, soient en sécurité ». Ben voyons. Les personnes que l’on voit sur la video sont des adultes autonomes. Ils ne risquent donc rien.
Leur seul défaut : avoir une maladie qui se voit comme le nez au milieu de la figure. Et c’est pour cela qu’elles sont « écartées » du parcours normal des activités.
Par méconnaissance du handicap.

« Aujourd’hui, les personnes qui présentent un handicap mental visible se voient refuser l’accès aux attractions et sont sorties de la file. Elles n’ont pas d’autre choix que de s’identifier en tant que visiteur handicapé et obtenir le « pass » dit « prioritaire » pour espérer profiter des attractions. Ce pass prioritaire conduit les personnes handicapées à être mises à l’écart (sortie des files classiques, entrée par les sorties des attractions, obligation de prendre rendez-vous à heures fixes… ) . D’autre part, il contraint les personnes à suivre des règles différentes et dérogatoires d’accès aux attractions (obligation d’être accompagnée par une personne valide, impossibilité de monter dans une attraction avec d’autres personnes handicapées et ce pendant toute la durée du cycle d’une attraction) » texte tiré de l’article du site de l’UNAPEI.

Obliger un accompagnateur par personne handicapée c’est tout simplement empêcher un groupe (8-10 personnes) souvent accompagné de 2 voire 3 accompagnateurs de faire les attractions. Tout simplement. C’est également désobligeant pour des personnes en parfaite autonomie de les rabaisser à une condition amoindrie. Comme s’ils n’étaient pas capable de comprendre les consignes de sécurité qui s’appliquent à tous dans les manèges.

En écrivant ces quelques mots, j’ai mal.
J’ai mal parce que si j’ai choisi d’être educ c’était avant tout parce que dans ma famille, on m’a appris que la différence était une richesse et que chacun avait le droit à la dignité quelques soient ces différences.
J’ai mal parce que mon travail d’educ était de rendre les conditions optimales pour permettre à des personnes en difficultés cognitives ou sensitives de percevoir le monde, ses codes et de s’y adapter au mieux. D’accepter sa différence et de pouvoir vivre comme les autres (avec quelques adaptations).

Et vous savez quoi ? J’ai appris à jouer à la belote avec un partenaire trisomique. Cela l’amusait beaucoup de voir que j’étais incapable de retenir les valeurs des cartes selon si elles étaient atouts ou pas. Il m’avait donc fabriqué une anti-sèche (que j’ai récemment retrouvé en faisant du rangement). C’était moi la « normale » de la bande de joyeux beloteurs. J’etais la seule avec une antisèche (et j’en ai toujours besoin).

Je vous encourage tous et toutes vivement à signer la pétition de l’UNAPEI afin que Disney arrête ses actes de discrimination à l’encontre des personnes handicapées mentales.

Elles aussi ont le droit de s’amuser. Comme les autres.

2 réflexions sur “Chez Disneyland Paris, la méconnaissance du handicap mental entraîne la discrimination au faciès.

  1. Malheureusement, ce n’est pas nouveaux.
    J’ai vécu une situation tout aussi choquante à la piscine. J’ai vu le bassin des enfants se vider à l’arrivée d’un groupe de personnes trisomiques.
    Je vis avec une educ, j’ai donc l’avantage et le privilège d’aborder la situation d’handicap différemment.
    Notre fille a également appris a identifier cette petite « différence » et à ne pas en avoir « peur » car c’est la méconnaissance et la peur qui ont fait sortir ces gens du bassin.
    J’étais dans ce bassin, je suis donc resté parce que je n’vais aucune raison de partir et nous avons même discuté sous les yeux de gobie de « ces gens ».
    La route est longue et c’est à nous, ceux qui savent, d’expliquer que ce n’est pas contagieux et que cette « différence » est minime à coté de ce que ces personnes en situation de handicap mental peuvent nous apporter.

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