Grand-mère

Mon attachement à ma grand-mère est d’un ordre peu banal. Non seulement je l’aime comme on aime ses aïeuls mais bien plus et au delà…

 

Elle fait parti de ces personnes qui ont influencé ma vie. Non pas que j’exécute tout ce qu’elle dit, loin de là mais c’est quelqu’un de bon sens et d’écoute bienveillante.
Depuis toute petite, je suis focalisée sur ma grand mère. 
A 84 ans, elle est la maman de 6 enfants, grand mère de 12 petits enfants et arrière grand mère de 14 petits enfants. Dans la hiérarchie, je suis l’aînée de la petite dernière.
Vers l’âge de 3/4 ans, mon obsession tenait autour de son manteau.
« Mets ton manteau, mamy, mets ton manteau ». Voix qui tremble et oeil mouillé. Cela signifiait que j’etais chez ma grand mère et qu’il fallait qu’elle mette son manteau pour venir avec moi quand je partais. J’avais également la version « Quitte ton manteau » quand elle venait chez moi. Histoire d’être bien sure qu’elle restait. L’histoire retiendra que j’ai souvent changé les plans de mes grands-parents. Ca doit venir de là, mon coté buté… (En revanche aucun problème de collection de manteau. Tout va bien de ce coté là).
Je passais pas mal de temps dans la grande maison familiale, jouxtant le cimetière de la ville. Notre jeu favori avec mes cousines était de jouer aux Dames. Comment ? Facilement. Il nous suffisait de piocher dans les innombrables paires de chaussures et sacs à mains de ma mamie pour nous déguiser. (Là par contre j’ai un souci de collection !).
Vers 7/8 ans mon ambition professionnel était déjà très claire : après présentatrice de météo, commissaire de police (pour commander les garçons), vétérinaire, j’étais définitivement arrêtée sur chirurgien plastique. Quand on me demandait pourquoi, je répondais le plus naturellement du monde que c’était pour enlever les rides de ma grand-mère. 
Le rituel instauré était que tous les mercredis j’allais chez mes grands parents (et parfois dés le mardi soir). Un mercredi sur deux j’etais avec elle.
Je me souviens parfaitement l’observer du haut de l’escalier, faire la cuisine ou petit déjeuner. Et me faire gronder parce que ce n’était pas l’heure de descendre. Le rituel du matin de ma grand mère en solitaire était sacré. Quand on a élevé autant d’enfants, ça se comprend. 
Vers mes 15 ans, elle a été la première à m’autoriser à fumer avec elle au café après repas. Cette transgression autorisée était une source de plaisir mais aussi de fierté. J’etais considérée comme une adulte (enfin presque). 
Elle doit etre l’une des rares à qui je me confie vraiment et ce finalement depuis toujours.
Toutes les personnes qui l’ont rencontrée vous diront la même chose : c’est non seulement une femme de caractère mais aussi avec une aura.
Elle a ses défauts évidemment mais c’est quelqu’un de droit, de juste, de bon sens. Quand elle vous dit quelque chose, elle ne vous rate pas mais elle vous pousse à réfléchir. 
Elle m’a toujours soutenu dans toutes les décisions que j’ai pu prendre, et même si elle n’était pas d’accord. Quand j’ai choisi de poursuivre mes études et de ne pas me marier et faire des enfants. Quand j’ai décidé de partir à Paris. Quand j’ai choisi de ne plus ni parler ni voir ma mère. Quand j’ai decidé de quitter un boulot en CDI pour du free lance dans une autre branche. Quand j’ai choisi d’aider mon amie et son futur bébé. 
Elle a toujours été la, toujours bienveillante. Voila, je l’aime
L’immunité manteau surement. 

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