Le SPT, la saloperie post trauma

J’ai volontairement modifié un peu l’acronyme, avec tout mon coeur. Ça fait quelques jours que j’écris et réécris ce post. Comme un besoin incompressible de parler de ce que je vis alors que je reste plutôt discrète normalement. 

Ce syndrome, j’en souffre depuis le 18 novembre 2015. Jour où le medecin me l’a clairement annoncé. 

« Madame, (oui parce que je suis vieille maintenant) vous souffrez d’un syndrome de Stress Post Traumatique. »
« Ok mais encore… ?!? Ça veut dire quoi ? Vas y laisse moi retourner travailler parce qu’il n’y a que cela que j’arrive à faire ! » (moi fuyant la réalité et me réfugiant dans le travail).

Honnêtement ? Ça veut dire DES semaines de souffrance physique et psychique sans être capable d’y mettre une once de sens, la plus part du temps. Voila comment je définis le SPT.
Le pire étant que personne ne peut vraiment comprendre ce que l’on traverse. Même moi, je n’explique pas tous les symptomes… Et pourtant j’ai bossé 10 ans en psychiatrie.

Et puis ça passe. Doucement. Par étape. 
Les nuits redeviennent paisibles, d’abord sans se reveiller en hurlant sans se souvenir pourquoi (super flippant). Ensuite sans se réveiller à 4h du mat parce qu’on a des palpitations (ça, c’est vraiment désagréable). Ensuite en dormant 7h d’affilé sans médication (YOUHOU CHAMPAGNE).
Je fais un apparté sur la médication : je fais partie de ces gens qui n’avaient jamais pris d’anxiolytiques. Accepter une médication peut être relativement compliqué… Surtout quand votre cerveau refuse de lâcher prise sur les émotions. Si je ne suis pas malade, je n’ai pas besoin de médicaments. Ca a clairement été mon cas.
Les jours passent sans larmes. Ce ne sont ni des larmes de tristesse ou de colère, c’est juste votre corps qui évacue les tensions. Des tensions que votre cerveau refuse de reconnaître. Bizarre hein ?
Les douleurs physiques se dissipent. Et là, je dois reconnaître que j’ai rarement eu aussi mal dans mon corps et dans des endroits improbables durant autant de jours (genre sous les bras, derrière les mollets, dans des endroits bizarres internes…) 
Les activites d’avant redeviennent normales et non forcées. On reprend le métro. On retourne dans des lieux de foule (concert/spectacle/centre commerciaux). Plus ou moins facilement me concernant.

La vie reprend son cours. Le truc qu’on ne vous dit pas c’est que malgré un traitement temporaire (le temps que ca passe), malgré un suivi psy avec un thérapeute specialisé (en EMDR en ce qui me concerne)… La vie ne reprend plus son cours comme avant. Parce qu’avant, c’etait quand on était ignorant.

La partie pénible est que ça recommence. Comme ça. Par « surprise ». Et seulement aprés (avoir parlé à la psy souvent ou à des amis) on fait le lien…
Quelques jours apres les attentats de Bruxelles.
La veille de l’Euro.
Après les bargeots homophobes qui tuent des mecs en boite de nuit. etc.

La panique.
L’impossiblité physique de prendre le metro.
Les palpitations.
Les vertiges.
Les angoisses dans la foule.
Le sommeil qui décide de se foutre le camp (serieux, faut arreter hein. Quand on a jamais eu de probleme de sommeil, c’est VRAIMENT penible !)
Les larmes.
Les attaques de panique…

BORDEL c’est ÉPUISANT.

Alors il faut tenir. Se dire que la vague va finir par passer, telle la tempête en bord de mer.
Aprés vient toujours le beau temps.
Facile à dire, hein. Surtout quand même avec la meilleure volonté du monde, les symptomes apparaissent sans que votre cerveau fasse le lien…
Quand on pleure d’avoir perdu un proche, on sait pourquoi on pleure quand on trouve une vieille photo ou un objet lui appartenant. Nostalgie, Tristesse.
Quand vous faites une attaque de panique avant de sortir de chez vous pour aller au cinéma, ce n’est pas le cinéma le problème; ni sortir d’ailleurs… C’est votre cerveau qui disfonctionne car il a subi un stress énorme à un instant T et il réagit de manière mécanique… Peut être (et j’extrapole pour être comprise) parce que l’Euro demarre et que tout le monde parle de ça… Mon cerveau se met en pilote automatique pour relier tout seul : l’Euro > Le Stade > les risques d’attentat > le 13/11 > se protéger > se mettre à pleurer pour pas sortir > ne pas vouloir mourir.
C’est tiré par les cheveux mais avouez que de l’Euro à ne pas vouloir mourir, c’est pas évident évident la relation de cause à effet… Il n’empêche que le résultat est que je suis restée là dans mon entrée à pleurer et à ne pas comprendre pourquoi je n’arrivais physiquement pas à sortir de chez moi. Et le pire : j’avais honte de ne pas y arriver.

Voila, c’est ça le SPT.

Il n’y a aucune douleur ou souffrance qui se compare. Il ne faut pas culpabiliser parce que cela peut être pire. Je le sais.

Et puis il y a la vie.
Le boulot. Les collègues. Les factures. Mouillette.
Faire des choses de mon temps qui me plaisent. Méditer par exemple.
La seule leçon que je retiens de tout ça, est que quand les symptomes deviennent trop fort, il faut savoir se faire aider et savoir dire qu’on a besoin d’aide.
C’est encore plus dur quand comme moi, votre famille et certains de vos amis proches sont loin… En tout cas j’ai de la chance, il y a des gens qui sont là pour moi même si ce que je traverse, n’a pas toujours de sens…

Une réflexion sur “Le SPT, la saloperie post trauma

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